Toune du vendredi #49
Billet de Jordan Chénard dans Hors sujet le March 5, 2010
Ça rock, c’est arrogant, c’est bon sans bon sens!!
Monter le volume!
Billet de métro
Billet de Jordan Chénard dans Billet de métro le March 3, 2010
(Les billets de métro consistent pour moi à écrire durant mon transport en métro d’une durée de 20 minutes.)
Mercredi soir
Des vautours autour d’un corps mort. Voilà ce qu’on a l’air quand une place se libère dans le métro. C’est fou.
Voilà deux secondes à peine, un ado au gabari aussi imposant qu’une chèvre paquetée et ses exhubérans amis stylés comme des sapins de Noël fluorescent prenaient à eux seul, à l’aide de leurs asperges bouillies qui leur servent de jambes, plus de six sièges du bunker mobile. Puis, ils ont fait une motion élaboré captée de tous. Ce regroupements de mouvements clés que tous ceux qui voyagent quotidiennement en métro connaissent. Aussi subtile soit-elle, cela laisse présager que l’usager en question sortira au prochain arrêt.
Parfois, ce n’est qu’un petit redressement sur le bord du siège ou un “check up” du plan des stations qui nous laisse deviner que la personne vérifie que le prochain arrêt est bien le bon. À d’autres occasions, cela tient plus d’une préparation et d’une observation méticuleuse et stratégique de l’espace qui, une fois l’itinéraire bien calculé, permet au ninja urbain de se faufiler comme une anguille pour sortir avant que les premiers impatients décident d’entrer et d’encombrer les portes.
Ceci étant dit, les mal-élevés on fait un amalgame de tous ces signaux. Ils sont encore là que chacun autour de moi sait déjà où il s’assoiera. Tous sur la ligne de mêlée, on attend le départ de l’équipe juvénile sur le terrain. La fébrilité est palpable. Les bouches s’asséchent, on entend les gommes à mâcher se pétrir à pleine gueule. Les sourcils se froncent. Le wagon ralenti et les mains des courseurs déssèrrent tranquillement le collet du poteau pendant que leur équilibre précaire se fît inconditionnellement à la délicatesse présumée du chauffeur afin de ne pas tomber. Le train s’arrête, mais les portes ne s’ouvrent pas encore. Plus personne ne tient les barres de métal et chacun fixe sa place, vibrant d’excitation comme des chats guettant leur souris.
Ça y est! C’est parti! Les petits cons gueulards sortent! Dans un ballet parfaitement coordonné, chaque félins sautent sur leur proies immobiles sans même regarder l’inconnu d’à côté. Ça s’enfile et ça s’défile de tous les côtés. Une orgie de manteaux qui forme un portrait qui n’est pas sans rappeller ceux du mouvemement futuriste. Les angles mort sont inexistants, chacun s’étire la patte vis-à-vis son siège « spotté » depuis déjà 3 minutes et d’une gracieuse rotation, d’un seul geste, s’assied à l’endroit convoité.
Des vautours se nourrissant des restes des autres, je vous dis. Voilà ce que nous sommes! En suis-je? Je vous dirais que j’ai débuté ce billet debout et que maintenant, j’ai mon hublot. :P
Billet de métro
Billet de Jordan Chénard dans Billet de métro le March 2, 2010
Mardi soir
C’est étrange comment le type de gens n’est pas le même dans les transports dépendant des heures.
Aujourd’hui, j’ai dû partir plus tôt. Il est 15h40. Il n’y a pas de jeunes cadres habillés sombre, au manteau long et ajusté, agencé de souliers à bout pointu qui vous rappellent que vous ne voudriez pas son pied au cul.
Il n’y a pas de divas du centre-ville non plus. Vous savez, celles qui s’habillent d’après les tendances de Gossip Girl ou Sex in the city et qui semblent constamment se soucier de leur démarche mannequesque sexy et non-naturelle: la tête bien haute oscillant sur le côté à 15 degrés donnant l’amplitude qu’il faut pour poser le pied, botté jusqu’au genoux, à environs 1 pouce de plus loin que la normale afin de permettre à la hanche de glisser en toute sensualité le long de la courbe du flanc fuyant jusqu’à la cuisse, prête à encaisser le choc du talon de six pouce en rock sur la tuile de ce métro qui semble rester de marbre. Et tout ceci en alternance régulière, gauche-droite, il va sans dire…
Ce n’est pas une démarche mais bien un sport technique, mesdames et messieurs. Bravo à nos athlètes!
Rien de tout cela aujourd’hui. Les discours volatiles sont ponctués de “Genre comme que Stèph à l’a déjà full de linge mais tsé, à s’trouve grosse” ou de “…moi j’ai eu 55% dans ma disserte de français 1, mais je m’en torche…”. De vrais dialogues de qualités qui pourraientt rivaliser facilement avec le plus articulé des participants de Loft Story toute saison confondue, j’en suis persuadé.
La fatigue me tient toujours… L’insomnie me talonne depuis 2 nuits, mais la dernière, je ne l’ai pas passé seul à écouter ma copine dormir à points fermés. René Lévesque et sa plume somptueuse m’ont bercés au travers de son autobiographie durant les quelques heures où mon esprit n’arrivait pas à s’évader hors de mon lit.
Ti-Poil m’a réconcilié avec la langue anglaise qu’il adorait, me démontre que la culture ne se passe pas seulement dans les manoirs de France et je découvre avec stupéfaction tout au long des pages que le mythe moderne de l’homme ressemble de moins en moins à l’être qui s’auto-décrit dans ces centaines de pages.
Ça y est, mes idées vagabondent mollement, un peu comme le pas délâbré de ce jeune “fresh-sans-colonne-ni-font-de-culotte” qui vient d’entré… Je me retrouve dans un wagon presque vide où un autre foutu ventilateur grince sa mélodie à tout vent.
De toute façon, je suis arrivé. Sortons de ma tête et allons marcher dans ce soleil printanier prématuré mais tout de même bien accueillant.
En passant, vous saviez que depuis le tremblement de terre à Conception, l’axe de la Terre n’est plus le même? Quelle belle journée.
Billet de métro #1
Billet de Jordan Chénard dans Billet de métro le March 2, 2010
Lundi soir
Y a un jeune homme qui a l’air super gentil. Il ressemble au personnage du frère de Marie dans Marie a un je-ne-sais-quoi. Sans malice aucune. Souriant et heureux. Il donne réellement envie d’être son ami. Bang!
Bon… Encore quelqu’un qui se cogne sur mon pied. L’homme titube d’un pas de zombie, la tête et les bras désorganisés sans lâcher le sol du regard un seule seconde, pour finalement s’accrocher au poteau sans ne rien dire.
C’est la troisième fois en trois stations… Bordel, mes pieds recroquevillés près de mon banc doivent être plus grands que ce que je peux croire. Vous savez ce qu’on dit des hommes aux grands pieds?
C’est la première journée de relâche des étudiants aujourd’hui. Ça paraît. Il n’y a que trois ou quatre personnes qui se parlent, sans plus. Le reste de l’ambiance est teintée du bruit de friction des manteaux et celui du ventilateur de plafond qui, dans ses cliquetis de plastiques aigües, donne l’impression qu’il va s’effondrer sur ma tête à tout moment.
Il y en a au moins un part wagon de ces aérations inquiétantes. À croire qu’ils font partie des plans de départ: « Ok, ça m’prend des bouches d’aérations qui claquent à tous les wagons. Si ça l’air trop neuf, on pourra pas augmenter le prix des passes mensuels parce qu’on ne fera pas assez pitié aux yeux des contribuables.»
Je suis fatigué en ce lundi, l’air morne de tout le monde semble cadrer parfaitement avec mon état d’esprit que l’on pourrait étendre, à son plein potentiel, sur environs trois pour cent d’activité cérébrale.
Les deux derniers parleurs de fond se taisent subitement… Il n’y a que le bruit du train urbain sousterrain qui roule à vive allure, accompagné de la toux sèche de quelques passagers aux airs hargneux. Une véritable ambiance de convoi de conscription.
On dirait qu’on part à la guerre et pourtant, c’est vers chez nous que nous allons.
Comment être crédible en 4 étapes
Billet de Jordan Chénard dans Technique le February 15, 2010
On voit différents blogues vous proposer des guides du genre « comment faire ceci » et « comment faire cela » à propos de tout : obtenir plus de trafic sur votre site, être plus influent, bien s’exprimer, avoir le plus de « suiveux » sur Twitter, comment gérer vos suiveux, savoir écrire un billet intéressant, comment sacrifier une chèvre un soir de pleine lune, etc. Pour avoir lu plusieurs centaines de billets et de livres de ce genre, je vous explique les 4 points importants pour faire comme eux : Cliquez pour lire le reste —>











mindsix : @jordanchenard Ah oui, clairement! Il me semble consommé de grande quantité de formol...:P

Je suis sociable